Module 7 — Maniement et transport sécuritaires d'armes à feu

Protection individuelle, règles du champ de tir, maniement en véhicule, à l'extérieur, en groupe, et les positions de port d'arme.

Points clés issus du manuel officiel, reformulés à des fins pédagogiques. En cas de doute, référez-vous toujours au document du CCSMAF.

Avant de charger : intentions et ordres du stand de tir

Une arme à feu ne se charge que lorsqu'on a l'intention réelle de s'en servir, et seulement à un endroit où c'est à la fois légal et sécuritaire de le faire. Une bonne habitude à prendre : ne jamais placer de cartouche dans la chambre avant d'être vraiment prêt à tirer.

Sur un stand de tir, les activités sont rythmées par des ordres que tout tireur doit reconnaître et respecter aussitôt donnés. Ces ordres peuvent varier selon le sport pratiqué, le stand de tir ou l'administration responsable — en cas de doute, on les vérifie auprès de l'officiel du champ de tir ou d'une autorité locale avant de se présenter sur les lieux.

  • « La ligne de feu est ouverte » : le tir est autorisé
  • « Cessez-le-feu » : tout tir doit s'arrêter immédiatement
  • « La ligne de feu est fermée » : la période de tir est terminée

Protection individuelle : yeux et oreilles d'abord

Au tir, les yeux sont exposés aux douilles éjectées, aux fragments et aux branches en terrain broussailleux — des lunettes en verre résistant aux chocs ou en polycarbonate, avec écrans latéraux, protègent aussi contre un éventuel mauvais fonctionnement de l'arme. Côté audition, un coup de feu produit une intensité sonore comparable à celle d'un réacteur d'avion au décollage à proximité : coquilles antibruit, bouchons jetables ou bouchons réutilisables — ces derniers se nettoient avant et après chaque usage — sont tous des options valables, mais porter les deux à la fois offre la meilleure protection.

Sur le terrain, un faux pas avec une arme en main est un vrai risque : mieux vaut choisir la piste la plus sécuritaire, éviter branches, pierres branlantes et surfaces mouillées, et porter des bottes hautes à semelles antidérapantes, qui protègent aussi chevilles et jambes contre les coupures et les égratignures. Une douille chaude qui se glisse dans un col ou une manche ouverte peut faire sursauter — et causer un tir non désiré. Un détail à ne pas négliger : boutonner col et manches avant de tirer.

Le choix des vêtements compte aussi : à la chasse, le port de vêtements orange vif est recommandé — et carrément exigé par la loi dans certaines provinces — pour rester bien visible des autres chasseurs. À l'inverse, on évite les vêtements encombrants comme les vestes gonflantes ou les cuissardes : on risque de s'y empêtrer, ce qui peut nuire au maniement sécuritaire de l'arme à feu.

Les règles d'un champ de tir certifié

Sur la ligne de feu, la bouche du canon reste pointée vers la cible en tout temps, le mécanisme demeure ouvert sauf au moment de tirer, et aucune arme n'est chargée avant l'ordre de l'officiel du champ de tir. Les doigts, eux, restent à l'extérieur du pontet et loin de la détente tant que l'arme n'est pas pointée vers la cible. L'officiel inspecte d'ailleurs chaque arme avant qu'elle ne franchisse la ligne de feu.

Quand l'ordre de cessez-le-feu est donné, la procédure est toujours la même : cesser le tir immédiatement, décharger et ouvrir les mécanismes, déposer les armes bouche pointée vers la cible, puis se retirer derrière la ligne de cessez-le-feu. Pendant ce temps, personne ne manie d'arme ni de munitions, personne ne retourne à la ligne de feu, et les personnes qui ne sont pas chargées de changer les cibles demeurent bien en retrait, derrière la ligne de cessez-le-feu. L'officiel profite d'ailleurs de chaque cessez-le-feu pour vérifier que les mécanismes sont ouverts et les chambres vides. Un point important : en cas d'urgence, n'importe qui — pas seulement l'officiel — peut donner l'ordre de cessez-le-feu.

Les armes à feu déchargées qui ne servent pas se rangent dans les lieux désignés à cet effet, mécanisme ouvert, ou dans un coffret; si on doit les déplacer, la bouche du canon pointe dans la direction la plus sécuritaire, à moins que l'arme soit déjà dans son coffret à la ligne de feu. Bousculade, maniement négligent ou distraction ne sont jamais tolérés pendant que le tir est en cours. On s'assure aussi d'utiliser des munitions qui conviennent à son arme et qui sont approuvées par le stand, de ne jamais tirer intentionnellement sur les porte-cibles ou l'équipement, et de respecter les limites et les heures d'utilisation affichées du stand de tir.

Sur la ligne : quelques règles de civisme et de sécurité

On assiste toujours à l'exposé de sécurité avant de tirer, on inscrit son nom au registre du stand en arrivant s'il y a lieu, et on garde une distance suffisante entre tireurs. On demande la permission avant de toucher à l'arme ou l'équipement de quelqu'un d'autre, et on évite d'interrompre ou de distraire les autres pendant qu'ils tirent. Les mineurs et les invités sans permis valide doivent être supervisés directement — le superviseur reste à une distance d'un bras du tireur en tout temps.

Quelques égards supplémentaires : on ne fume jamais à la ligne de feu; on se place pour que la fumée d'une arme à poudre noire n'incommode pas les tireurs voisins; et les personnes qui tirent avec des armes semi-automatiques choisissent un endroit sur la ligne de feu où les autres ne risquent pas d'être atteintes par les douilles éjectées. Le tir rapide, lui, est à éviter : il peut déranger ceux qui visent avec précision. Une fois le tir terminé et la ligne de feu fermée, on ramasse ses douilles vides et ses cibles, et on remet à sa place tout équipement emprunté — sacs de sable, bancs, etc.

Armes à feu dans un véhicule

Le mot « véhicule » a un sens large : bateau, voiture, motoneige, traîneau, aéronef privé ou véhicule tout terrain. La règle est simple : jamais d'arme chargée dans un véhicule, sauf si on a le droit de tirer depuis celui-ci. On décharge avant de monter, et on ne recharge qu'après en être redescendu — monter et descendre d'un véhicule est justement le moment où contrôler la direction du canon devient le plus difficile. Lorsqu'une arme se trouve dans un véhicule, elle doit être placée à un endroit sécuritaire où elle ne pourra pas être déplacée ou accrochée.

Le manuel illustre ce risque par un exemple réel : un chasseur de canard avait placé son fusil de chasse chargé dans son bateau avant d'y monter à son tour. Son chien a sauté dans le bateau et est tombé sur le fusil, faisant partir le coup, qui a atteint mortellement le chasseur au ventre. Les facteurs en cause : une bouche de canon pointée dans une direction non sécuritaire, une arme chargée dans un véhicule, et une arme laissée dans une position dangereuse.

Maniement à l'extérieur

En terrain accidenté, il faut rester conscient des personnes ou du bétail qui pourraient se trouver hors du champ de vision mais à portée dangereuse, contrôler la direction du canon en tout temps et garder le cran de sûreté engagé jusqu'au moment de tirer. Une branche peut accrocher la détente ou déplacer le cran de sûreté pendant le transport — un risque de plus à surveiller.

Avant de franchir une clôture ou un obstacle — ou tout terrain glissant, rocheux ou accidenté — on décharge l'arme et on garde le mécanisme ouvert; en groupe, une personne reste à l'écart avec les armes déchargées pendant que les autres franchissent l'un après l'autre. Même logique pour entrer dans une cache de chasse : l'arme se décharge et reste à l'extérieur jusqu'à ce qu'on soit bien installé. Une fois l'obstacle franchi, on vérifie que la bouche du canon n'est pas encrassée, surtout si l'arme a reposé au sol.

Sur l'eau, les roches ou toute surface plate, un projectile risque de ricocher ou de se fragmenter — encore une raison de rester certain de sa cible et de son arrière-plan avant de tirer. On ne tire jamais sur du gibier près du sommet d'une colline, car des personnes ou du bétail pourraient se trouver dans la ligne de tir au-delà, ni près d'un bâtiment sans autorisation — quelqu'un pourrait s'en servir comme abri. Et on ne confond jamais une lunette de visée avec des jumelles pour identifier quelque chose au loin.

Chasser ou tirer en groupe

En groupe, un coup tiré dans la mauvaise direction peut atteindre un compagnon — d'où l'importance de définir à l'avance une zone de tir sécuritaire pour chaque personne, une sorte de cône individuel qui ne chevauche jamais celui des autres et qui mène vers un arrêtoir sécuritaire. Pour un tir informel à plusieurs, on nomme un responsable qui supervise l'activité, explique les procédures à suivre à tous les membres du groupe et détermine où les armes peuvent être chargées. Cette ligne de feu informelle fonctionne comme un vrai stand de tir : les armes ne sortent de leur coffret, ne sont maniées et chargées que sur cette ligne, sous la direction du responsable.

Sur le terrain, les positions de chacun changent à mesure qu'on avance — il faut donc toujours savoir où se trouvent ses compagnons, pas seulement au moment de partir.

Les positions de port d'arme, de la plus à la moins sécuritaire

Le choix d'une position de transport dépend du terrain et de l'emplacement des autres personnes présentes — mais une règle ne change jamais : aucune position ne doit faire pointer le canon vers quelqu'un.

  • À deux mains, en état d'alerte : la position la plus sécuritaire, avec le meilleur contrôle du canon et la mise en position de tir la plus rapide
  • Sur le bras : sécuritaire seul, mais un compagnon doit alors marcher du côté opposé à la bouche du canon
  • Au coude ou sur le côté : bonne en terrain découvert, à éviter dans les branches qui pourraient faire pivoter le canon vers soi, et à éviter aussi lorsque quelqu'un se trouve devant soi
  • À la main : convient seul ou à l'arrêt, déconseillée en marchant
  • Sur l'épaule : la position la moins sécuritaire de toutes, sans contrôle du canon en cas de chute — jamais avec une arme chargée ni en présence d'autrui, et bouche toujours dirigée vers le haut
  • À la bretelle : mains libres, mais à éviter dans les buissons denses où l'arme peut s'accrocher et se retourner, ou laisser tomber brindilles et débris dans le canon; se pencher fortement vers l'avant dans cette position est dangereux pour quiconque se trouve devant
Les positions de port d'arme 1 À deux mains, en état d'alerte meilleur contrôle du canon 2 Sur le bras compagnon du côté opposé à la bouche 3 Au coude ou sur le côté bonne en terrain découvert, pas dans les branches 4 À la main convient à l'arrêt, déconseillée en marchant 5 Sur l'épaule la moins sécuritaire de toutes : aucun contrôle en cas de chute 6 À la bretelle mains libres, à éviter dans les buissons denses
Aucune position ne doit jamais faire pointer le canon vers quelqu'un, quel que soit le rang.